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M. MASSELIN

ARTISTE PEINTRE
PARIS

Influences

Magali Masselin est une artiste peintre et plasticienne contemporaine dont le travail explore les zones de tension entre mémoire mythologique, symbolique collective et introspection politique.

« Je soumets l’héritage des Lumières à l’épreuve du présent. La représentation de l’héroïsme éprouvé, tragique et coûteux ».

Sa peinture, à la fois classique et visionnaire, interroge les récits fondateurs et les figures qui structurent notre imaginaire, tout en les réinventant sous un prisme résolument contemporain et féminin.

Son œuvre se caractérise par un langage pictural raffiné et narratif, nourri de références à l’Antiquité, à la poésie japonaise, aux fables, aux allégories républicaines et dans une remise en question des symboles de pouvoir. Elle convoque les grandes figures féminines de la mythologie ou de l’histoire : Andromède affranchie de l’illusion du sauvetage, la Renaissance de Galatée, les Menèdes et Orphée… Magali Masselin réécrit les mythes depuis son regard  critique et parfois cru de femme à contre courant du XXIe siècle. Dans ses séries récentes, elle revisite « Les Douze Travaux d’Hercule » en version féminine, donne corps à des érudites oubliées comme la poétesse Ono no Komachi, ou encore questionne les idéaux de Liberté, d’Égalité et de Fraternité en les confrontant aux dérives de nos démocraties modernes.

« J’œuvre contre tout ce qui empêche l’émancipation, tout ce qui retient, tout ce qui empêche le citoyen de penser par lui-même ».

Son esthétique conjugue héritage classique et vocabulaire contemporain : compositions structurées héritées des maîtres anciens, palettes chaudes aux ocres et ivoires lumineux, jeux de drapés et matières textiles (notamment la soie japonaise), mais aussi détournements iconographiques et anachronismes assumés (téléphones lumineux, symboles modernes glissés dans un décor baroque). Cette alliance entre tradition et modernité, entre sacré et trivial, confère à ses œuvres une ambiance à la fois solennelle, introspective et onirique.

« Je convoque les techniques picturales et courants historiques porteurs d’émancipation, de valeurs, de noblesse et de savoir-faire».

Au cœur de sa démarche se trouvent des préoccupations universelles : la place du féminin dans l’Histoire et les mythes, la mémoire des savoirs oubliés, la métamorphose, et la critique des systèmes politiques et sociaux. Son travail interroge les fondements de nos sociétés tout en célébrant la puissance poétique de l’image. Chaque toile devient ainsi un espace de réflexion, de beauté et de résistance.

Parcours

Le parcours artistique de Magali Masselin s’inscrit dans une vie entièrement traversée par l’image, le mouvement et la matière. Avant les mots, il y a le corps, le geste, la couleur. Dès l’enfance, la danse et les arts graphiques constituent ses premiers langages, deux territoires sensibles qu’elle n’aura de cesse de faire dialoguer tout au long de sa vie.

Les voyages jouent un rôle fondateur dans cette construction visuelle : Rome, Florence, Séville, les États-Unis… Des lieux chargés d’histoire, de peinture, d’architecture et de sacré, où l’œil s’éduque autant que l’esprit. De salles de spectacle en salles de danse, de musées en ateliers, elle puise une inspiration continue dans ces mondes parallèles, l’un pictural, l’autre chorégraphique, qu’elle cherche à mêler, superposer, enrichir mutuellement.

Son parcours artistique s’ancre dans une formation exigeante, nourrie par l’étude des techniques classiques et des grands maîtres de la Renaissance, tout en restant ouverte aux pratiques contemporaines. Dessin académique, étude du corps, composition, lumière, matière, travail de la couleur : cette rigueur technique devient le socle d’une recherche personnelle foisonnante, libre et évolutive.

Au fil des années, son univers plastique se densifie et s’élargit. La couleur y occupe une place centrale, explorée dans toutes ses dimensions symboliques et sensorielles. Orientalisme, japonisme, mosaïque, peinture sur feuilles d’or, goût paradoxal pour les matières brutes issues de la terre et les textures précieuses façonnées par la main humaine : son travail visuel se construit par strates, influences et résonances, dans un dialogue constant entre traditions anciennes et écritures contemporaines.

Ce parcours est aussi profondément humain. Il se nourrit de rencontres avec des artistes, peintres, illustrateurs, chorégraphes, auteurs, intellectuels, artisans et techniciens, tous porteurs de regards singuliers. Ces échanges façonnent une œuvre habitée par la transmission, l’écoute et la circulation des savoirs sensibles.

Aujourd’hui, le travail artistique de Magali Masselin apparaît comme le fruit d’une vie entière consacrée à voir, ressentir et transformer. Une œuvre dense et narrative, où chaque image est traversée par le temps, le corps et la mémoire, et où le visuel devient un langage à part entière, capable de dire l’indicible et d’ouvrir des espaces de contemplation, de réflexion et de métamorphose.

Écoles et inspirations

Le parcours artistique de Magali Masselin se construit dans la durée, au croisement d’une exigence académique et d’une recherche plastique personnelle, nourrie par le dessin, le corps dans sa pratique continue dansée, et l’observation du vivant.

Adolescente, elle débute son cheminement artistique par une formation en Art et Industrie Graphique, à Évreux, qui lui apporte les bases solides du dessin, de la composition, du Design, de l’Art Graphique, du langage visuel.

Puis elle choisit d’approfondir une pratique rigoureuse du dessin d’après modèle vivant. Particulièrement inspirée par les modèles vivants dansant, elle considère le corps comme un territoire fondamental de compréhension du mouvement, de la lumière et de la tension expressive, fascinée par le corps humain, machine extraordinaire où se croisent force, fragilité et mémoire. Sa pratique dansée quotidienne lui on fait ressentir, epprouver, observer et étudier le corps et de le connaître en profondeur.

Dans la volonté et l’envie d’avoir une vision à la fois large puis resserrée sur les différentes et principales approches académiques européennes, elle fréquente plusieurs institutions et ateliers reconnus, où elle affine son regard et sa technique.

Aux Beaux-Arts de Paris, elle développe une approche exigeante du dessin et de la peinture, ancrée dans l’étude du corps et des grands principes de la représentation.

Elle poursuit également sa formation à La Grande Chaumière, lieu emblématique du dessin d’après modèle vivant à Paris. Elle y suis les workshop très techniques de Shane Wolf, où le corps est abordé dans sa dynamique anatomique, sa présence et son expressivité contemporaine.

À l’Académie Alexandre Barberà Ivanoff, elle s’imprègne de l’esprit des ateliers de la Renaissance et de leur pensée vivante où le geste est relié à la pensée. Dans ce lieu qui défend l’idée d’une Renaissance contemporaine, le dessin et la peinture deviennent des espaces de réflexion autant que de pratique. La préparation des toiles, l’étude de la composition, l’autoportrait et le choix narratif des sujets s’y tissent naturellement à une réflexion philosophique et intellectuelle constante, où le geste pictural dialogue avec la pensée.

Sensible à l’approche d’Odd Nerdrum, qui, à la manière des maîtres des ateliers de la Renaissance, transfigure la peinture en un langage habité par l’intention et le récit intérieur. Dans cette vision, l’œuvre doit exprimer l’intériorité, la psyché et la condition humaine. Il s’agit d’un art incarné, narratif, visuel et profond, traversé par une forme de drame existentiel ou tragique, porteur du poids de la vie humaine, à la fois charnelle, mentale et sensible où la peinture atteint une dimension de transcendance lorsqu’elle parvient à communiquer bien au-delà de l’image.

En 2016, elle intègre un programme de Recherche et Pratiques Artistiques Contemporaines à l’Université de Montpellier III. Sous la Direction d’Antoine Verdier pour son mémoire. Cette étape marque une maturation de sa démarche artistique, articulant pratique plastique, réflexion théorique et écriture visuelle dans un aller-retour constant entre grands auteurs, philosophes et pratique artistique issue des grands Maîtres. Elle y obtient un Master II avec les félicitations du jury, consacrant un travail de recherche profondément ancré dans un dialogue entre l’image, le corps et le symbolique.

Tout au long de ce parcours, le dessin d’après modèle vivant en atelier demeure un axe central de son travail. Il constitue une discipline fondatrice, un espace de recherche permanent où se rencontrent rigueur, observation et liberté plastique. Cette pratique irrigue l’ensemble de son œuvre picturale, nourrissant un univers visuel dense porteur d’un potentiel certain pour les années à venir.